Je suis un homme et je vis comme tel, avec mes qualités et mes défauts aussi. 


Je suis un héritier naturel de la condition #masculine au #Mexique, dans des contextes sociaux et familiaux propres.


J’étais le seul fils de la famille, donc privilégié par rapport à mes deux sœurs. Je vivais avec ces privilèges sans le savoir car ma société (mexicaine) était conçue pour moi, je disposais de tous les bénéfices pour devenir un pur produit de cette société. 


Les frustrations et la violence de mon père (lui qui ne savait pas non plus qu’il était également un héritier de son époque, de ses parents et de son épistémè) auraient pu s'y ajouter et se transmettre mais j’y ai renoncé assez tôt. 


Enfant, pendant une discussion violente entre mes parents, je me suis rangé aux côtés de ma mère : à partir de ce moment-là j'ai compris que la violence ne peut avoir raison de la Raison. La compression de l’égalité entre les femmes et les hommes, je l’ai réalisée quand mon père demanda à l'une de mes sœurs de « me servir le dîner » … car j’étais « l’homme » : j'ai alors dit non et j’assumais désormais ma part à la cuisine familiale. 


Ma différence s'est fondée dans la sensibilité et la contemplation que j'éprouve depuis l’âge de 5 ou 6 ans. Le mot magique, c’était et demeure le « #Pourquoi ».


Je savais que le #Masculin et le #Féminin existaient en tout au Mexique, cependant la violence provenait toujours du masculin… Pourquoi ? 


La construction en tant qu'homme ou femme vient d'abord de l’exemple des parents, de nos adultes proches, puis de la société et son fonctionnement. Tout est reproduction et projection, assortis des silences de ce que nous vivons et ressentons à la maison, dans nos quartiers, nos écoles, nos religions et dans nos corps. Pourquoi ?


« Un homme ça s’empêche ». Je découvris cette phrase chez #AlbertCamus (Le premier homme, Gallimard, posthume) à mon arrivée en #France, traduisant ce que je pressentais et mettais en œuvre depuis l'enfance. 


Aujourd’hui j’affirme et je témoigne que la masculinité est une construction personnelle et choisie, qui se travaille à travers nos différents âges, les montées ou descentes de la #testostérone, les forces et faiblesses de nos psychés, notre place dans la société aussi.


Être un #homme comme être une #femme, c’est un vouloir et une construction naturelle, c’est aussi un vouloir et une construction culturelle dans certains cas plus contemporains. C’est toujours un vouloir.


Ma masculinité je l’ai construite en harmonie entre ma nature et mes cultures, mexicaine et française.


Ivan Torres 

Exposition Masculinités / Macla Bordeaux

Dans le cadre de la Quinzaine de l’égalité et la diversité et la citoyenneté Mission Égalité, diversité, citoyenneté - Mairie de Bordeaux 

Bordeaux culture